Lectures

Samedi 7 novembre 2009

Pourquoi ce livre ? Parce que je l’avais remarqué dans « le choix des libraires » à la grande librairie, parce que le titre m’intriguait et parce qu’à la journée de présentation des nouveautés de ma ville, ce livre était disponible...

 

Je suis très vite entrée de ce roman, jeu de piste et de croisements entre des personnages.

 

Anna Stein, mère de deux enfants, femme d’un brillant ophtamologue parisien Stan.

 

Louise Blum, mère de deux filles, brillante avocate et épouse de Romain Vidal chercheur.

 

Yves Janvier un écrivain divorcé.

 

Thomas Le Gall, psychanalyste, solitaire après le suicide de son amie Piete.

 

Ces quatre là sont la trame du roman, ils se croisent, se décroisent, connaissent des personnes en commun, se rencontrent, se cherchent.

 

Chaque petit chapitre met en lumière un ou deux personnages. L’écriture est souple, travaillée dans son style, le thème de l’amour finement brossé : rencontres, jalousie, doutes, désir, petits instants qui font le début d’une relation, rupture, amour des parents, pertes tragiques et énergie qui permet de surmonter les situations difficiles.

Le métier d’Yves permet à l’auteur d’insérer des jeux littéraires et poétiques au récit : un régal pour qui aime jouer avec les mots. "Quarante souvenirs d'Anna Stein"... est ainsi un petit roman dans le roman.

Très vite aussi on comprend que le jeu littéraire dont parle Yves (des dominos), est le procédé utilisé par Hervé Le Tellier pour se faire croiser les personnages.

 

C’est agréable à lire, les croisements sont intéressants... Un livre sur l'amour aussi bien que sur le jeu littéraire à découvrir, donc !

 

 

Yves s’amuse à retracer quarante souvenirs d’Anna ... ça donne ça :

Décrire avec précision est inutile et j’ai conscience du risque encouru, celui de la platitude. Je le cours pourtant puisque  le souvenir lui-même en court un plus grand, celui d’être oublié, puisque l’oubli n’est que la destinée naturelle de la mémoire. Mais, je sais surtout que si chaque souvenir est là, figé dans des mots, c’est pour accomplir l’impossible : ne plus te perdre jamais.


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Cune

Antigone

Cathulu

Par Orchidee
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Mercredi 4 novembre 2009

Dès le début du roman, E Carrère nous fait comprendre qu’il va se passer quelque chose durant cette classe de neige. Quoi ?

 

Nicolas est un jeune garçon hyper-protégé par ses parents. Il fait encore pipi au li et se sent différent des autres.

La classe de neige est pour lui une épreuve : comment vivre en collectivité ?

 

Son père, pour des raisons de sécurité, préfère conduire lui-même Nicolas à la classe de neige. Ce dernier arrive à la classe de neige, en retard et … en plus son père a oublié de lui laisser son sac…. Différent, une fois de plus. Nicolas n’est bien que lorsque l’on s’occupe de lui, comme s’il cherchait sans cesse à être aimé.

Nicolas se crée des histoires qui pourraient le rendre intéressant…

 

Ce court roman est très bien construit.

J’ai aimé être dans les pensées de Nicolas, ses doutes, ses colères, ses envies.

 

Mon deuxième Carrère, sans doute pas le dernier.

Par Orchidee
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Vendredi 30 octobre 2009
J'ai découvert Joncour via UV que j'ai beaucoup apprécié.
Deuxième rencontre sur le thème de l'amour cette fois avec ce livre de nouvelles.

Amours multiples, amour rêvé, amour moderne par téléphone, amour éphèmère, amour solitaire... Serge Joncour décrit avec beaucoup de poésie, ces instants où le se sent aimé, où ceux où l'on cherche l'amour, ceux où l'on doute.
Il n'est pas uniquement question de l'amour au sens "couple", la définition de Joncour est plus large, c'est l'amour dans sa grandeur, l'amour qui peut être chaque instant d'attention à l'autre.

Des textes courts, pour des idées agréables... on s'aime par internet, par téléphone, on aime sa mère, on s'aime pour une nuit, on s'aime dans des situations douloureuses (maladie)...
ma préférée est "n'avoir pas eu l'enfant".

Bref, à lire !


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Lucile

Cécile de quoi de 9
Par Orchidee
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Vendredi 23 octobre 2009
 Un livre de nouvelles sur le thème du voyage, du voyageur, des errances qui conduisent vers des situations burlesques, des douleurs que l'on cache par le biais d'un voyage intérieur.

J'ai aimé le style de l'auteur, les nouvelles sont souvent drôles, parfois tristes.
On va en Inde, plusieurs fois en amérique du sud (l'Argentine et son tango, le Pérou), en Espagne, en Normandie ...
Des paysages différents, pour des situations qui le sont tout autant.

Je me suis laissée bercée par les mots et les situations, même si les nouvelles ne sont pas égales, selon moi, beaucoup restent dans ma tête : celle de le jeune fille à Cabourg, celle de l'auteur argentin perdu en France, celle du peintre argentin, celle du danseur de Tango rennais de pasage à Bueno-Aires.

Une première rencontre avec cet auteur pour moi, j'ai envie de récidiver avec La Diablada, parce que ça me rappelle de doux moments passés là-bas (au Pérou) et d'autres passés avec un groupe de danseurs péruviens qui maitrisaient la Diablada avec beaucoup d'aisance et des masques magnifiques.... L'avez-vous lu ?


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Malice avec plein de lien sur son billet

Question à Enna : je peux mettre ce livre dans mon challenge "lire autour du monde", à la place du Nicolas Bouvier que je n'arrive pas à finir ????

moins 1 !
Par Orchidee
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Samedi 17 octobre 2009

Tout « ce » que j’aimais ? ou tout « ceux » j’aimais ?

Léo nous livre le bilan de sa vie New-Yorkaise.

Une vie marquée par l’Art et l’amitié qu’il avait avec Bill, un artiste en vogue. L’Art qui a une place prépondérante dans ce roman, de nombreuses pages sont centrées sur la description de tableaux et autres sculpture de Bill ou d’autres artistes… autant dire que parfois c’est un peu long, genre thèse sur l’intérêt de l’art moderne dans la société.
C’est vrai aussi que Léo est prof d’histoire de l’Art… donc quand il décrit son travail … retour à l’Art…

Léo évolue dans la strate culturelle de la ville : Il s’entoure de Lucille-la première femme de Bill- qui, elle, est écrivain. Analyse stylistique des poèmes au programme du roman !

Les reproches de Lucille étaient banals - l'étoffe familière d'une intilité sans joie. J'ai toujours pensé que l'amour s'épanouit dans un certain éloignement, qu'il lui faut pour durer des distances respectueuses. Sans ce recul nécessaire, les particularités physiques de l'autre deviennent laides par leur grossissement.

Puis Erica, la femme de Léo, écrit sur les auteurs … et Violet –la deuxième femme de Bill- fait une thèse sur l’hystérie puis des recherches sur les troubles du comportement alimentaire…

Tout ceci semble très bien documenté, mais parfois c’est trop … « l’histoire de l’hystérie en Europe » un peu barbant dans un roman. Donc je n’ai pas trop aimé ce côté culturo-intello qui se regarde le nombril, mais je conçois que ça puisse plaire à d'autres.

Quoi d’autre ? Léo a une vie, un fils Matt. Bill a un fils, Mark. Et à vrai dire, le livre m’a semblé un peu plus vivant et intéressant quand il a été question de Mark. Personnage déroutant, ne rentrant pas dans les codes de ce monde. Quoique je me suis un peu lassée à la fin de toutes ces histoires plus folles les unes que les autres.

Léo rassemble dans un tiroir de son bureau quelques éléments qui le raccrochent aux gens dont il se sent proche. Léo parlent plus de « ceux » qu’il aimait et dont il semble s’être éloigné (volontairement ou non), plus que de « ce » qu’il aimait. Parce que le livre tourne plus autour des personnages et des liens de Léo avec ceux-ci que des sentiments de Léo, Léo m’a semblé distant, froid … sauf peut-être à la fin du roman quand il se rend compte qu’il est « seul ».
Une réflexion sur la vie et ses changements aussi.

Aujourd'hui, si je conserve ma vision périphérique, j'ai toujours juste devant moi une tâche grise irrégulière, et elle grossit. Mes images du passé restent vives. C'est le présent qui est affecté et les gens venus du passé que je vois encore sont devenus des êtres estompés par les nuages.

Nous sommes tous, je le suppose, le produit des joies et des peines de nos parents. Leurs émotions sont inscrites en nous, tout autant que leur caractères provenant de leurs gênes.

Bref, je n’ai pas accroché à l’histoire. Le travail de recherche de l’auteur pourra, certes, être souligné, mais tous ces détails précis d’Art, d’Hystérie … ne m’ont pas convaincue. J’avais l’impression de lire un travail de recherche sur ces thématiques plutôt qu’une réflexion sur la vie.

Parce que le hasard fait bien les choses, lisez la critique d'Enna aujourd'hui !

D'autres avis
Littérature passion conquise
Malice mitigée
Florinette convaicue
Lethée
Camille a eu un coup de coeur
Doriane déçue

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Objectif PAL 11/56 !!


Par Orchidee
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Lundi 12 octobre 2009

J'avais acheté ce livre il y a plusieurs années dans un vide-grenier... Je me suis plongée dans ce moment de lecture et j'ai vraiment aimé.

Marie Cardinal raconte avec beaucoup d'intelligence le cheminement d'une femme pour devenir elle-même via une psychanalyse.

Cette femme ne sera jamais nommée dans le livre... l'auteur elle même semble être la femme en question.

Cette femme que l'on croit "folle", et que l'on hospitalise en lui donnant les derniers anti-dépresseurs à la mode, trouve en elle un élan de vie qui la pousse à fuir de l'hopital et à débuter ce "travail" sur elle même.

Elle décrit d'abord ses troubles actuels : ses rites de vérifications de ses propres pertes sanguines, ses épisodes de palpitations, de  sueurs. Tous ces éléments ont fait d'elle une malade, une vraie tout en l'excluant de toute vie sociale.

Puis, elle se livre en finesse sur son enfance : des parents divorcés, une mère qui ne vivait que pour l'autre soeur-décédée-, une mère à qui il fallait "plaire". 

Aucun homme n'est intervenu dans ma jeunesse. J'étais aux mains des femmes : ma mère, ma grand-mère, les "domestiques", les bonnes-soeurs professeurs.
De mon père que j'ai très peu connu, puisqu'il ne vivait pas avec moi et qu'il est mort au cours de mon adolescence, je gardais le souvenir d'un homme fringant, portat guêtres, chapeau et canne.


Elle décrit les relations avec sa mère, les épisodes marquant de sa relation avec elle : le récit de l'avortement râté de la maman est trés poignant, dur. La femme a aussi dû taire ses envies souvent devant sa mère : si elle se tenait mal, elle avait droit à des douches froides pour la calmer.

Je me suis mise à parler de ma mère et cela ne s'est pas arrêté jusqu'à la fin de l'analyse.
Au cours des années je me suis enfoncée en elle comme dans un gouffre noir. Ainsi ai-je fait la connaissance de la femme qu'elle voulait que je sois. J'ai dû, jour après jour, faire le relevé de son acharnement à fabriquer  un être parfait selon elle. J'ai dû mesurer  la force de sa volonté à tordre mon corps et ma pensée pour leur faire prendre le chemin qu'elle avait décidé. C'est entre cette femme qu'elle avait voulu mettre au monde et moi que cette chose s'était installée. Ma mère m'avait dévoyée et ce travail avait été si bien fait, si profond, que je n'en étais pas consciente, je ne m'en rendais plus compte.


En essayant de comprendre ses blessures, ses peurs, la jeune femme avance et arrive enfin à s'accepter, à se faire confiance. C'est le chemin, trois fois par semaine, vers son psychanaliste (dans l'impasse) qui l'aide à prendre conscience de ses limites, de ses envies.
L'auteur parle avec finesse de ces instants de la vie que l'on remise dans l'inconscient et que la psychanalyse aide à rendre conscient.

L'auteur décrit aussi les doutes liés à un tel travail, les périodes de silence chez le médecin et celles,où fière d'avoir passer une étape ("trouver la clé à la porte et oser l'ouvrir") elle cherche tout ce qui s'y attache.

L'impasse était devenue le chemin de mon paradis, l'allée de mon triomphe, le canal de ma force, le fleuve de ma joie. Cela ne m'aurait pas étonnée que ce bras atrophié de la ville se soit transformé en un lieu de parade fantasitique.[...]
Approchez mesdames et messieurs ! Approchez ! N'ayez pas peur le spectacle est gratuit ! [...]
Oyez braves gens ! Oyez l'histoire de la suante qui ne sue plus, de la tremblante qui ne tremble plus, de la saignante qui ne saigne plus, de la palpitante qui ne palpite plus.



J'ai adoré la description du "travail" de  psychanalyse : le pourquoi du début, les doutes, les changements profonds que cela crée. J'ai aimé les "mots" choisis par l'auteur pour dire les événements. Et j'ai aimé découvrir cette nouvelle femme qui n'a plus peur d'elle même.
C'est beau et simple.

Avez vous des livres de Marie Cardinal ?


D'autres avis :
Livrophile
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Objectif PAL 10/56

Par Orchidee
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Lundi 5 octobre 2009

Eudoxie, quarante-sept ans, se marie avec Armand, sexagénaire. Elle a rencontré l'homme par petites annonces, et l'annonce précisait "un enfant".
Trés vite Eudoxie comprend l'importance de cette précision : Lucien-trente ans et fils d'Armand- vit dans un monde à part, un monde où il peut demander la voisine en mariage sur un coup de tête, un monde où les femmes sont reines et sorcières en même temps.
Eudoxie, elle, va apprendre à vivre avec cet homme taciturne, silencieux qu'est Lucien. A la mort d'Armand, ils forment un "nouveau" couple : elle le sort de l'hopital, le nourrit : qui amadoue qui ?
Une tendre histoire de complicité, de doute, d'amour aussi.
Nous suivons Eudoxie jusqu'à la fin de sa vie ; ce livre aborde aussi les thèmes de la vieillesse et de  la famille.

Une auteure vers qui je reviendrai même si ce livre n'est pas un coup de coeur, mais la plume est séduisante.

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Malice
Sophie
Antigone
La conjuration des livres
Florinette
Par Orchidee
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