Thèra - Zeruya Shalev

Publié le par Orchidee

 

 

A travers un monologue intérieur, nous sommes emportés dans la tourmente d'une jeune femme qui a décidé de se séparer de son mari.

Harangues familiales, doutes, incompréhension des amis, questionnement sur l'utilité de ce choix, culpabilité, assurance, peurs, joies... c'est l'incessante mélodie interne de l'héroïne qui nous saisit.

Les événements de sa vie extérieure sont d'emblée analysés, découpés en tranchettes d'émotions pour essayer de trouver des explications.

 

 Les choses ne se sont pas passées ainsi, nous avons agi autrement et maintenant voilà que nous ne sommes plus trois, nous ne serons plus jamais trois, en fait, on dirait que cette nouvelle rupture nous a transformés en quatre, deux couples séparés, moi et mon Guili, Amnon et son Guili, car notre enfant est  obligé d'être fondamentalement différent avec l'un et avec l'autre, deux couples qui , au ryhtme de sa croissance, s'écarteront de plus en plus , d'ailleurs, une moitié de lui ne m'appartiens déjà plus, j'ai l'impression de le voir coupé en deux, quelle partie choisiras-tu maman , celle d'en haut ou celle d'en bas, celle de droite ou celle de gauche, car plus jamais je ne serai entier, et même si j'en ai l'air, il y aura une moitié de moi qui ne sera que le fruit de ton imagination.

 

A-t-elle fait le bon choix ? l'héroine oscille entre oui et non.

Pourquoi a-t-elle fait ce choix ?

A-t-elle eu raison en agissant ainsi, protège-t-elle son fils ?

 

 

où es tu.  Je ne t'appelerai pas mon chéri car le coeur qui te chérissait t'est à présent fermé, je ne t'appelerai pas non plus mon premier amour, car j'ai eu des amants avant toi, je ne t'appelerai pas mon mari car j'en ai assez de ce mot, je ne t'appelerai père de mon fils car tu ne voulais pas de ce qualificatif, quant aux autres noms de tendresse ou même les possessifs, ils gisent entre nous, jouets désuets dans le casier d'un enfant qui a grandi, oui, il ne nous reste plus de mots et plus de sentiments caressants, rien que des souvenirs d'amour usés et tâchés comme une nappe après un repas de fête. 

 

 

Après un début de lecture un peu difficile, j'ai vite été comme hypnotisée par cette mélodie.

Bien évidemment il n'y a pas de réponse définitive à donner sur de tels thèmes mais l'auteure par ce système narratif ( à priori déjà utilisé dans d'autres de ses romans) nous donne à bien cerner la psychologie de cette femme.

La réflexion intérieure ne semble jamais s'arrêter et le lecteur se demande si elle trouvera un  jour un peu de repos.

Un livre (pavé) à la construction intéressante... Merci BZZ pour le prêt. ( je comprends pourquoi tu as accroché ;-)  )

 


D'autres avis

 

?? je n'ai pas trouvé d'autres avis sur les blogs .... si vous l'avez lu, laissez un lien  dans les commentaires.

 

Libération

 

Publié dans Lectures

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bzzz 12/08/2010 19:55



Evidemment le sujet... J'ai beaucoup aimé le style très simple, très facile à lire. Et le libéralisme de l'auteur dans ce pays ultrareligieux...



Orchidee 12/08/2010 20:20



@bzzz : à bientôt en vrai !