Personne- Gwenaëlle Aubry

Publié le par Orchidee

Un livre dont j'avais entendu parler sur Inter cet été : Il s'agit du
"portrait en vingt-six angles et au centre absent, ce portrait en vingt-six autres et au moi échappé",

 celui d'un père par sa fille.


Gwenaëlle Aubry dresse le portrait de son père en vingt-six points, vingt-six personnages contenant son père. Elle déroule l'alphabet pour décrire cet homme complexe, ce père qu'elle a cherché puis fuit, cet homme "fou".
Elle cherche à comprendre ce personnage, à apaiser sa propre douleur, pour celà, elle mêle à ses souvenirs et à son récit les écrits de son père.
Il s'agit d'un livre troublant, douloureux, mais aussi d'un livre qui cherche à panser des plaies, à donner des réponses à des passages difficiles de la vie de l'auteure.

J'ai beaucou aimé la douceur des mots, la sensibilité de l'auteur, son style. Un vrai coup de coeur, à découvrir.


Quelques extraits :
Page 17
On ne perd pas un père, encore moins un père qui était, ou qui s'était, lui-même perdu. C'est de son vivant, peut-être, qu'on l'avait perdu, qu'on ne savait plus qui il était, où il était. A présent qu'il est mort, on réunit ce qu'il a laissé, miettes et cailloux semés dans les forêts de son angoisse, trésors et épaves, on construit le vide, on sculpte l'absence,on cherche une forme pour ce qui, en nous, demeure de lui et qui a toujours été la tentation de l'informe, la menace du chaos, on cherche des mots pour ce qui, toujours, a été en nous la part secrète, la part muette, un corps de mots pour celui qui n'a pas de tombe, un château de présence pour protéger son absence. 

Page 33-34
Pour le voir, il fallait sonner à une porte percée d'une lucarne en verre dépoli, attendre que l'infirmier derrière son guichet nous ait, ma soeur et moi, identifiées : on entendait le déclic de la serrure électronique et on pénétrait dans une salle peinte de couleurs malades, blanc crème, vert chlorophyle, où des patients en chaussons glissaient silencieusement à travers un uage de fumée jusqu'au poste de télévision.


Page 119
il a, jour après jour, écrit ces orages qu'à mon tour je tente de déchiffrer dont j'essaie d'entendre le langage, cherchant des repères dans mon alphabet familier, des résonnances dans le passé qu'il a romancé, un ordre et un sens dans le chaos partagé, prenant appui sur ses mots, ses phrases et sa mémoire, sans plus voir, à force, si ce que je pirate ainsi est sagesse ou folie.





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Publié dans Lectures

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Tulisquoi 19/07/2010 19:56



Voilà, j'ai finalement craqué pour ce livre il y a quelques temps et j'ai beaucoup apprécié, tout comme toi. Merci de m'avoir permis de le découvrir !



Orchidee 20/07/2010 18:54



@tulisquoi : contente que tu aies aimé !



valérie 25/02/2010 10:52


En fait, je me rends compte que les livres sur la folie et les romans trop autobiographiques me rebutent un peu.


Orchidee 25/02/2010 19:10


@Val : ... j'ai beaucoup aimé le style de l'écriture, la construction du livre aussi ... pas toi ??


valérie 24/02/2010 11:59



Un grand merci pour m'avoir prêté ce roman. Je n'ai pas été touchée par cette folie et cet amour filial mais je suis contente d'avoir "rencontré" cette auteure pour la première fois, grâce à toi.
Je te le renvoie demain.



Orchidee 24/02/2010 22:44


@val :  décidément, mes coups de coeur ne sont pas les tiens... de rien pour le prêt...


Tulisquoi 02/02/2010 20:55


J'ai découvert ton blog en surfant de liens en liens et je l'avais mis en favoris car j'ai vu qu'on avait des goûts en commun.
Je n'ai jamais entendu parler de ce livre, mais rien que les citations que tu as mis me donnent la chair de poule. A rajouter très vite à ma liste. Merci


Orchidee 03/02/2010 07:29


@Tulisquoi : oui ça donne la chaire de poule, mais pou apaiser  une blessure, il faut bien ça , non ? je file voir ton blog !


valérie 01/02/2010 18:49



Il est dans ma LAL. J'avoue qu'il me tente beaucoup.



Orchidee 01/02/2010 19:52


@val : quand tu auras le temps de le lire, si tu veux je te le prête en te le postant ...