Les taiseux- Jean-Louis Ezine

Publié le par Orchidee

J'avais entendu l'auteur parler de ce livre dans La Grande Librairie... et je n'avais qu'une envie me ruer dessus et l'acheter. Un bon conseil : lisez le !

Ce livre est le récit d'une quête. Quête unique celle du vrai père de l'auteur/narrateur. Ce livre est construit en trois parties : le père rêvé, la quête du "vrai" père auprès des autres enfants de l'homme, la quête des racines de ce père à travers un travail d'archives.

Mon histoire, c'est qu'on m'avait caché mon histoire. J'en recueillais des bribes dans les corbeilles collégiales. J'en reconnaissais des morceaux. Je me prenais pour un piètre à qui on avait volé la vie. Soustrait son nom, sa nature, son monde. On m'avait laissé la haine, la rancune, l'ignorance, le dépit, c'était déjà quelque chose. 

A l'âge de trois ans et demi, sa mère de Jean-Louis se marie avec un homme (Monsieur Ezine) qui n'est pas son père. Ces deux là  ne se parleront jamais ni se regarderont.

Au reste, je dois convenir qu'il n'avait pas eu de mauvais geste personnel à mon égard. Pour ça, il avait maman. Fatalement, un mauvais geste n'aurait pas manqué de nous engager dans une relation quelconque,lui et moi, une relation humaine comme on dit. Et c'est justement ce qui était impossible entre nous, une relation, un rapport humain.


C'est dans cette ambiance difficile, que Jean-Louis découvre que cet homme n'est pas son père. Sans rien dire, sa mère lui fait comprendre : elle dépose par moments des souvenirs du "vrai".
Alors Jean-Louis commence à rêver son père : on lui dépose une casquette, il entend que cet homme fait "la ligne" , alors il est dans ces yeux aviateur. Il entend son nom et cherche à rencontrer cet homme.
L'auteur décrit aussi la naissance de sa passion pour les livres :

Depuis quelques temps déjà, j'avais découvert dans la petite librairie de Colette Hédou, rue Pont-Mortain, à lo'enseigne de "la joie de connaître", un royaume plus enchanteur que ma forêt silencieuse, et tout autant ensorcelé.

Sa quête ne s'arrêtera jamais. Toujours enrichie par le rêve qui se construit autour du personnage.
Mais sa mère est une "taiseuse" ; ce n'est que bien tard et dans un moment d'égarement qu'elle délivrera de précieuses informations. Trop tard pour permettre à Jean-Louis de discuter avec l'homme.
Une autre quête s'ouvre alors, celle de la recherche de la vérité sur cet homme. Pas toujours facile d'entendre que ce père qu'il a rêvé alors qu'il était pour lui absent puisse être détesté des autres "légitimes"...

La quête continue , toujours plus loin, ... avec la recherche des origines de ce père.



C'est un livre fort, au style précis. Les détails viennent petit à petit. Le lecteur est pris dans la quête de l'auteur. J'ai beaucoup ressenti la douleur du non-dit. Il y aussi beaucoup d'humour.
Il est aussi question de Normandie dans ce livre : les falaises des noires vaches, Houlgate, Saint-lô... du vent, des marées et des embruns !


D'autres avis :

Carnets de JLK

 

 

Publié dans Lectures

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La plume et la page 26/02/2010 19:05


Tu sembles emballée et du coup je note le titre. Et j'ai cru comprendre que la Normandie est évoquée dans ce livre. Raison de plus pour l'inscrire dans ma LAL.


Orchidee 27/02/2010 10:39


@la plume et le page : j'ai aimé la lenteur des événements, la force de la quête , la très longue quête


Stephie 26/02/2010 10:34


C'est autobiographique ?


Orchidee 27/02/2010 10:39


@stephie : oui c'est autobiographique