Le Grand loin-Pascal Garnier

Publié le par Orchidee

Ce qui me lisent régulièrment ne seront pas surpris de voir ici le dernier opus de Pascal Garnier. J'avais vraiment aimé Lune captive dans un oeil mort, et ensuite j'avais continué à explorer l'univers de l'auteur via La théorie du panda , l'A26, Comment va la douleur.

D'emblée, je peux dire que je suis moins conquise par ce roman.

Marc s'écrie lors d'un diner de langoustines qu'il connait Agen. Marce semble à part dans ce diner mondain, il est aussi mal à l'aise avec sa dulcinée (Chloé) et n'ose pas lui dire qu'il a passé la journée à regarder les voitures passer depuis un pont autoroutier, ou a regardé avec une loupe les miettes dans le tapis.
Il est à l'étroit dans sa vie, alors il rêve du Grand Loin. Un lieu où il pourrait mener sa vie comme bon lui semble.

 

En consultant un atlas, Marc dénicha Villa O'Higgins, à l'extrême pointe de la Terre de Feu. Tous ceux qui voulaient aller loi devaient fatalement s'y retrouver. on ne faisait pas plus loin que ce loin là. La terre s'y achevait, le bec dans l'eau. Il imagina une falaise surplombant la mer et lui, assis au bord, barratant le vide de ses pieds nus. Le bout du monde devait ressembler à certains petits coins de Bretagne. C'était un peu décevant, même s'il aimait bien la Bretagne.

 

Pour s'en approcher, sans doute, Marc prend une décision extrême : partir avec sa fille-Anne, hospitalisée en psychiatrie depuis des années- à la conquête de cet autre loin.

Ils forment alors un duo atypique en quête d'ailleurs.

Leur route va croiser Le Touquet, Limoges et enfin Agen... En même temps que des disparitions étranges et des meurtres ont lieu dans cette ville. 

Y-a-t-il un lien entre leur voyage et ces meurtres ? Que cherche vraiment Marc ? Qui est vraiment sa fille ? Le Grand loin de Marc ne pourrait-il pas aussi être la mort ? Comment Marc peut-il ainsi accepter une telle descente aux enfers ?


Les personnages se dévoilent peu à peu. L'athmosphère est trés confinée.


Un road movie dérangeant, dans un huis clos -chèr à Pascal Garnier- qui n'aura pas su me combler.

On y retrouve aussi les allusions culinaires comme dans d'autres de ces romans et beaucoup d'humour noir.

Les oignons blondissaient dans le beurre frémissant au fond de la casserole. Il versa un verre de von blanc, puis de l'eau, sel poivre, baissa le feu et couvrit. Il brûlait d'envie de raconter à Chloé son éblouissement sur le pont de l'autoroute, et comment il avait retrouvé son enfance dans les méandres du tapis. mais aurait-elle compris ? Non, elle se serait inquiétée, il aurait fallu expliquer. Ca aurait pris des heures et même ...


Le radio-réveil s'était mis en marche. Il était question d'un vol spatial habité. On s'extasiait du courage des cosmonautes qui tournaient au dessus de nos têtes à la distance vertigineuse de 450 kilomètres. Ca faisait du Paris-Limoges, pas de quoi pavoiser. Marc avait depuis longtemps dépassé ses limites. Il avait froid, un frois qui lui faisait l'effet d'une plaque de verre glissé dans son dos.



Le site des éditions Zulma.

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