Dans la peau d'un noir- JH Griffin

Publié le par Orchidee

 

Après mon expérience du "docu-roman" réaliste avec Florence Aubenas, j'avais envie de continuer l'expérience avec ce livre de JH Griffin.

 

Nous sommes aux Etats-Unis en 1959, et pendant six semaines cet écrivain va vivre "dans la peau d'un noir".

JH Griffin aidé d'un médecin se transforme en "noir" : mélatonine, séances d'UV et maquillage... le voici devenu capable de se fondre dans la communauté noire.

 

De "priviligié, il est désormais obligé de loger dans des hôtels sordides et miteux, de marcher plusieurs kilomètres avant de pouvoir avoir le droit d'aller dans des toilettes, de boire un verre d'eau ou de manger.

Ils cirent des chaussures et constate

"les hommes jeunes et vieux étaient moins blessants que ceux qui nous traitaient en robots, comme si nous n'avions pas la moindre étincelle humaine. Lorsqu'ils me payaient, ils me regardaient ainsi qu'une pierre ou un poteau. Ils regardaient mais ne voyaient rien."

 

Il prend le bus et doit supporter les regards méprisants des "blancs", les remarques désobligeantes du chauffeur- qui va jusqu'à interdire aux "noirs" de descendre du bus pour la "pause pipi" ...

Dans ce récit se mélangent deux mondes, celui des "blancs" aux pouvoirs immenses, celui des noirs contraints de rester dans leur ghetto, assimilés à des bêtes.

 

Dans un moment de distraction, je m'arrêtai pour compulser le menu qui était artisitiquement mis en évidence dans la devanture. Je lisais, sachant que quelques jours auparavant j'aurais pu entrer et commander tous les plats que j'aurais voulu. Mais maintenant, tout en étant la même personne avec le même appétit, les mêmes goûts et jusqu'au même portefeuille, aucun pouvoir au monde ne pouvait me faire entrer dans cet endroit et y prendre un repas.

 

Il fait du stop, et se retrouve devant des hommes qui lui font des propositions "commerciales" avec sa femme, d'autres qui lui demandent si la sexualité des noirs est réellement différente ...

 

La raison pour laquelle ces automobilistes me firent monter dans leur voiture devint bientôt évidente. A part deux cas, cela revenait pour eux à prendre une photo eou un livre pornographique-sauf qu'en l'occurence  c'était de la pornographie orale. Avec un noir, ils présumaient qu'il n'était pas nécessaire de donner l'apparence du respect de soi et de la décence.

 

L'expérience lui permet aussi de vivre des moments forts : ces gens démunis qui lui servent à manger, le logent ... confraternité d'un groupe d'hommes harcelés par les blancs. Mais aussi ségrégation entre noirs : les noirs foncés, les noirs clairs n'ont pas le même statut ...

 

 

C'est un livre assez bouleversant , sur l'homme et ses comportements extrêmes, sur la nécessité de se mettre "à la place de" pour bien cerner les problèmes. On ne peut pas prétendre savoir certaines choses si on ne les a pas vécues.

A mon avis, c'est un livre fort, troublant,  qui devrait passer dans les mains de tous ceux qui ont encore des doutes sur l'égalité des hommes... et même entre toutes les mains !

 


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Publié dans Lectures

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keisha 20/07/2010 16:47



Ah mais c'est un récit que j'ai lu il y a très très longtemps, et je m'en souviens encore, c'est dire! J'espère qu'on le verra plus sur les blogs!



Orchidee 20/07/2010 18:56



@keisha : un livre incontournable en effet !



bzzz 09/07/2010 20:14



Moi aussi... Si tu y penses ce WE... Je n'accroche pas avec ceux que j'ai commencés...



Orchidee 12/07/2010 14:29



@BZZZ : je vois ton commentaire bien trop tard !!!! j'y pense pour la prochaine fois



valérie 09/07/2010 15:18



C'est drôle car il y a deux mois, je n'avais jamais entendu parler de ce roman mais maintenant, j'ai envie de le lire.



Orchidee 12/07/2010 14:30



@Val : je te le conseille ... même si nous n'avons pas souvent les mêmes goûts !



Pickwick 08/07/2010 11:59



Noté, absolument. Ton billet à lui seul me bouscule.



Orchidee 09/07/2010 11:20



@pickwick : contente que mon billet te pousse à lire se livre ! j'attends ton billet