D'autres vies que la mienne-Emmanuel Carrere

Publié le par Orchidee

J'avais une grande envie de lire ce livre depuis sa sortie et le papa Noël m'a comblée.


Emmanuel Carrère se décrit au milieu de deux situations tragiques : la mort d'une fillette de quatre ans dans le Tsunami et le décès de sa belle soeur.

La première partie, la plus courte, est celle sur le Tsunami. Il s'agit d'un moment très touchant, troublant.

Je veux entraîner Hélène dans notre bungalow pour qu'elle se repose et me raconte mais elle dit : plus tard. Elle veut rester avec Ruth qu'elle a embrassé en arrivant comme si elle la connaissait depuis toujours. Elle est épuisée, l'épuisement la fait rayonner. Nous sommes tous autour de Ruth, réunis par l'idée que pour elle il y a encore moyen de faire quelque chose. De l'arracher au vide devant lequel elle se tient, sans nous voir. De la sauver. C'est Hélène encore qui lui demande si elle a téléphoné à sa famille, en Ecosse. Ruth secoue la tête : à quoi bon ? Hélène insiste : l'atroce inquiétude qu'elle ressent au sujet de Tom, les siens doivent l'éprouver à son sujet à elle.

La deuxième partie du roman correspond à la rencontre avec la famille et les amis proches de Juliette (la belle soeur) pour déterminer quels ont été ses choix de vie, sa force, sa façon de lutter mais aussi de préparer sa mort.
De belles confidences que celle de l'époux et celle de l'ancien collègue de Juliette.

Au delà, de la simple description des faits, l'auteur explique ses inquiétudes, ses doutes, ses lâchetés face à ces deux événements.
Ses réflexions lui permettent de mieux comprendre la valeur de ceux qui l'entourent, et notamment de sa compagne : c'est elle qui est "forte" lors du tsunami, elle prend les initiatives quand lui ne se sent rassuré qu'en retrait.

Il ne s'agit pas d'un livre sur le deuil, mais plutôt d'une livre sur la vie, sa valeur, la confiance que l'on donne à l'être aimé et que l'on reçoit de lui, l'amour.
Un livre dur qui m'a donné des larmes, mais un très beau livre sur l'amour.

D'autres avis
Val
Littérature passion
Violaine des Artssouilleurs

Publié dans Lectures

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Mathilde 22/01/2010 14:25


Carrère ne m'avait pas convaincue avec ses précédents romans, mais les excellentes critiques que j'avais lues (dont celle de Valérie) m'avaient donné envie, et j'ai trouvé ce livre magnifique -
mais j'ai aussi terriblement pleuré...


Orchidee 22/01/2010 18:40


@Mathilde : c'est un livre très personnel qui fait en effet beaucoup réfléchir sur la vie ses joies et ses peines. Peu de livres m'ont donné les larmes, celui ci oui


Stephie 22/01/2010 07:17


Un livre qui m'avait, comme toi, beaucoup touchée.


Orchidee 22/01/2010 07:44


@stephie : un livre qui retourne


In Cold Blog 21/01/2010 18:51


Voyelle & Consonne en parle justement aujourd'hui aussi (http://voyelleetconsonne.blogspot.com/2010/01/grandeur-et-misere.html)


Orchidee 22/01/2010 07:43


@iCB merci pour l'info


Jules 21/01/2010 15:47


Ah! ce Carrère, son Roman russe m'avait beaucoup plu également...


Orchidee 22/01/2010 07:43


@jules : après avoir lu plusieurs romans de lui, le roman russe me tente


valérie 21/01/2010 13:21


Je suis à 100% d'accord avec toi, c'est un superbe roman d'amour. Je n'ai jamais autant pleuré mais qu'est-ce que je l'aime ce roman!


Orchidee 22/01/2010 07:42


@val : oui une bellle déclaration d'amour à sa femme ! et quelques larmes pour moi !